Qui est René Perrin ?

Qui est René Perrin ?

Par admin rene-perrin, publié le mercredi 11 mai 2016 09:49 - Mis à jour le mercredi 11 mai 2016 09:52

Notre lycée porte son nom depuis 1970, mais qui donc était René Perrin ?

René Perrin naît le 7 juin 1893 à Grenoble

Son père, ingénieur Polytechnicien et officier de carrière, meurt en 1904.

Il effectue néanmoins d’excellentes études au lycée Champollion de Grenoble : en 1911, il est reçu à Polytechnique, la plus prestigieuse école d’ingénieur de France (André Citroën fut un des prestigieux lauréat de cette école...). Il en sort en 1913 dans nu tout premier rang, ce qui lui permet d’accéder au Corps des Mines.

Hélas la guerre de 1914-1918 l’empêche d’y entrer, et le jeune Lieutenant René Perrin (21 ans) part pour le front dans l’Artillerie.

Grièvement blessé en 1915, il est alors nommé adjoint à l’ingénieur de contrôle de fabrication dans l’entreprise Schneider.

Il se marie en 1917, avec Hélène Sentis, grenobloise d’origine.

A la fin des hostilités, il reprend ses études à l’Ecole des Mines (Georges Charpak, Prix Nobel de physique 1992, sort de cette école...).

A la fin de ses études, en 1920 (27 ans), il entre à l’usine d’Ugine, comme adjoint à Paul Girod. Il devient rapidement sous directeur (1925) puis directeur (1928) des Aciéries d’Ugine.

A partir de 1930, il assure un rapide développement de l’usine d’Ugine et de son Laboratoire. Il élabore notamment un procédé de coulée rapide des aciers, qui porte le nom de procédé " Ugine-Perrin ", et qui accroît grandement la productivité et la qualité du métal obtenu. Les premiers essai de ce procédé ont lieu en 1930, et le première utilisation industrielle en 1935.

René Perrin grimpe alors régulièrement les échelons hiérarchiques : directeur géneral adjoint en 1945 puis directeur général en 1953.

En janvier 1955, il est élu à l’Académie des Sciences. Son épée d’Académicien, toute en aciers spéciaux, lui est remise le 1er juin 1956.

Il est finalement nommé Président Directeur Géneral en 1959, fonction qu’il conservera jusqu’au 26 juin 1964. Il sera, à son départ, nommé Président d’honneur.

René Perrin décède le 15 janvier 1966, à Paris. Mme Hélène Perrin est décédée le 1erseptembre 1986, à l’âge de 90 ans.

 

Une citation de René Perrin

" Jeunes, aimez la science et la technique. Elles sont de plus en plus liées l'une à l'autre. Elles vous donneront des satisfactions sereines et vraies… Découvrir, créer, n'est ce pas satisfaire, au moins partiellement, l'aspiration profonde de la créature humaine à se survivre à elle-même ? "

Biographie rapide

1913 : Ingénieur Polytechnique
1920 : Ingénieur du Corps des Mines
1920 : Adjoint de Paul Girod aux aciéries d'Ugine
1925 : Sous directeur
1928 : Directeur
1930 : Inventeur d'un nouveau procédé d'élaboration rapide des aciers et aciers spéciaux
1930 : Directeur général1945 : Directeur Général Adjoint de la SECEMAEU (Société d'Electro-Chimie, d'Electro-Métallurgie et des Aciers Electriques d'Ugine)
1949 : Membre du conseil d'administration
1953 : Directeur général
1955 : Elu à l'Académie des Sciences
1959 : Président Directeur Général
1964 : Président d'Honneur
1970 : Le lycée technique d'Ugine devient Lycée René Perrin

Fonctions, titres et décorations

1933 : Prix Annuel de la Société des Ingénieurs Civils
1937 : Prix Ch. Bardy de la Société d'Encouragement pour l'industrie Nationale
1939 : Membre du Conseil Supérieur de la Recherche Appliquée
1941 : Membre du Conseil de perfectionnement de l'Institut Polytechnique de Grenoble
1942 : Membre du Conseil de l'Université de Grenoble
1945 : Président de la Société Française de Métallurgie
1946 : Membre du Conseil de la Maison de la Chimie
1949 : Grande Médaille Le Chatelier de la Société Française de Métallurgie
1951 : Membre du Conseil National de la Chimie
1952 : Membre du Conseil du Conservatoire des Arts et Métiers
1952 : Membre du Comité de l'Equipement Industriel au Commissariat à l'Energie Atomique
1952 : Délégué français au Congrès International de Chimie à Stockholm
1953 : Membre du Conseil de l'Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques de Nancy
1953 : Vice-président de la Commission de la Recherche Scientifique et Technique, Commissariat Général au Plan
1954 : Membre du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et du Progrès Technique
1956 : Membre du Comité d'Honneur du 29ème Congrès de la Chimie Industrielle
1956 : Membre de la Commission de la Sidérurgie, Commissariat Général au Plan
1956 : Membre de la Commission de la Chimie, Commissariat Général au Plan
1964 : Membre du Comité d'Honneur de la Conférence Internationale des Arts Chimiques

Croix de guerre 14-18
Commandeur de la légion d'honneur
Grand Officier de l'Ordre National du Mérite
Croix du Mérite or de Pologne

Le procédé Ugine-Perrin

C'est un procédé de coulée rapide des aciers, qui porte le nom de procédé "Ugine-Perrin". A l'époque de sa création, l'acier est élaboré et affiné dans des fours à arc en maintenant pendant plusieurs heures l'acier liquide au contact avec un laitier à base de chaux, afin de réduire sa teneur en soufre et en oxygène. L'intérêt du procédé Ugine-Perrin est de permettre un affinage rapide de l'acier en poche par brassage intime du métal et du laitier, accroissant la productivité et la qualité du métal obtenu. L'acier liquide est versé dans une poche contenant du laitier synthétique liquide alumino-calcique (3 à 5% du poids du métal). Le laitier, divisé par le flot d'acier liquide remonte en gouttelettes dans le métal, multipliant les surfaces de contact entre acier et laitier, ce qui permet l'obtention plus rapide d'un acier de meilleure qualité. Les premiers essais de ce procédé (breveté) ont lieu en 1930, et la première utilisation industrielle en 1935. Ce procédé permet donc d'obtenir plus rapidement des aciers spéciaux avec de meilleure propriétés mécaniques : résilience (résistance aux chocs), isotropie (mêmes propriétés dans toutes les directions), … Il autorise, par exemple, la fabrication d'aciers inoxydables avec une meilleure résistance à la corrosion, et des aciers à roulements plus purs.

 

Source : UGINE, Histoire des Aciéries Electriques par Charles Le Menestrel

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